« Fais Dodo… » #2

Bonjour Chers Lecteurs,

Comment ? Mais… Moi qui n’avais pas publié depuis trois semaines et viens tout juste de le faire hier, je vous propose déjà un nouveau sujet ?!? Oh ! Mais que m’arrive-t-il ?!?

Non… En réalité, ce n’est pas vraiment le cas.
Tellement pressée de publier ENFIN à nouveau, j’en ai oublié les anecdotes
Des anecdotes essentielles et intéressantes pour découvrir le fonctionnement de notre sommeil.
Vous êtes donc invités à lire l’article sur le sommeil avant de passer à celui-ci car vous risqueriez de manquer des choses et de ne pas tout comprendre…

Non pas que vous soyez bêtes !

BREF !

Vous êtes prêts ?

Allons-y !

Comment font les aveugles pour avoir un sommeil confortable ?

Eh oui : j’expliquais, dans mon précédent article, que les rythmes circadiens sont essentiels. Or, ceux-ci dépendent de la lumière… de la lumière naturelle : celle du Soleil !
Comment fait-on si l’on ne voit pas ?!? Comment notre corps règle-t-il son horloge biologique ?!?

Pour rappel, un rythme circadien fait à peu près (cela peut varier un peu suivant les personnes) 24 heures.

Malheureusement -et logiquement finalement-, les aveugles ont plus de mal à s’endormir, du moins ceux atteints de cécité totale, c’est-à-dire ceux qui ne perçoivent pas du tout la lumière. De ce fait, sans alternance jour/nuit, leur horloge biologique interne est livrée à elle-même.

Selon une étude réalisée par le Centre d’étude du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu, à Paris, 83 % des aveugles souffrent d’au moins un problème de sommeil : difficultés d’endormissement (35 %), réveils nocturnes avec difficultés à se rendormir (54 %), durée de sommeil trop courte  (49 %), réveil trop précoce (45 %)… Bref, c’est le « syndrome de libre-cours » qui se caractérise entre autres par des retards progressifs des horaires d’endormissement et d’éveil.

Pour y pallier, une étude américaine et israélienne propose de restaurer leur cycle veille/sommeil avec de  la mélatonine. En effet, les personnes qui ne perçoivent pas les variations de lumière n’ont pas de pic de production de cette hormone vers 23 h, elle s’étale sur toute la journée. La prise de Circadin (à libération prolongée) vers 21 h diminuerait le temps d’endormissement, augmenterait la durée du sommeil et réduirait la somnolence dans la journée.

Malheureusement, ce handicap les oblige donc à la prise de médicaments et les aveugles prennent presque deux fois plus souvent des somnifères que les voyants.

Dans un autre cas, comment font les astronautes ?!?

Mon grand-père – l’un de mes lecteurs le plus fervent et je l’en remercie – m’a rappelé la situation des astronautes.

Enfermés pendant plusieurs mois dans l’ISS, sous lumière artificielle, s’ils veulent profiter de la lumière naturelle, ils ont le droit, dans un endroit particulier à des levers de soleil toutes les 90 minutes.

Certes, ils ont choisi cet environnement contrairement aux aveugles… mais donnent leur vie et leur santé pour la Science et mettent leurs corps à rude épreuve…
Comment font-ils pour avoir une horloge biologique stable ?!? Est-ce seulement possible ?

Malheureusement non ! Je pense que vous vous doutiez de la réponse !

En effet, les voyages dans l’espace ont démontré que le cycle de sommeil des humains en mission est affecté avec une réduction du temps de repos à une moyenne de 6 heures par nuit. Cela pose un gros problème puisque le manque de sommeil affecte les capacités cognitives.
Et, comme vous vous en doutez, travailler dans l’espace est particulièrement exigeant !
Les astronautes doivent toujours être en pleine capacité, c’est pourquoi il est essentiel d’avoir des mesures pour contrer la désynchronisation de leur rythme circadien.

Selon Wikipédia, il existe divers facteurs qui affectent notre rythme circadien dans l’espace :

  • « A bord d’une station spatiale, l’alternance jour/nuit n’est plus la même que sur Terre puisque les astronautes voient se lever le Soleil 16 fois par 24 heures, ce qui contribue fortement au dérèglement de l’horloge interne ;
  • Les tâches opérationnelles à bord des stations spatiales, telles que les procédures de rendez-vous et d’amarrage sont également propices au manque de sommeil puisqu’elles peuvent prolonger les durées des journées, empêchant ainsi la présence d’un cycle régulier.
  • La pollution sonore dans les vaisseaux spatiaux est très importante avec une moyenne de 70dB durant les périodes de sommeil. Cela contribue aussi à la perturbation du sommeil.
  • Enfin, la gravité joue un rôle sur le sommeil. En effet dans un premier temps elle déclenche le syndrome d’adaptation spatiale qui se traduit par une sensation de malaise général. (D’ailleurs, si vous assistez à l’arrivée de nouveau astronautes dans l’ISS, il n’est pas rare d’en voir s’éclipser, malades et nauséeux)
    Ensuite elle joue un rôle sur la posture et le manque de la position allongée. »

Dans l’ISS, la lumière, la température, l’air, le son ainsi que le taux de dioxyde de carbone sont des paramètres minutieusement contrôlés pour permettre une qualité de sommeil optimale.

Un nouveau système de lumière a été installé dans l’ISS pour contrer les cycles jour/nuit rapides qui empêchent une synchronisation du rythme circadien sur 24h. Il possède 3 modes :

  • Illumination générale : 4500 K* lumière blanche ;
  • Changement de phase : 6500 K lumière blanche enrichie de bleu ;
  • Avant de dormir : 2700 K lumière blanche, bleu réduit.

*K = Kelvin

La lumière bleue émise par le système est captée par la « mélatopsine »  qui est un photo-pigment présent dans les cellules de la rétine, et qui va faire transiter l’information jusqu’au noyau suprachiasmatique qui contient l’horloge centrale. Ainsi l’utilisation des 3 phases lumineuses permet d’ajuster le rythme circadien en trompant, en quelque sorte, le cerveau.

La lumière, chose essentielle au bon fonctionnement de notre organisme

Vous l’aurez donc compris, la lumière du soleil est primordiale pour nous.
En témoigne enfin, pour un dernier exemple, l’expérience menée actuellement par l’institut de recherche Human Adaptation : « Deep Time ».
Elle consiste à avoir mis, depuis le 14 mars dernier, une équipe de 15 personnes dans une grotte totalement privée de la lumière du jour : la grotte de Lombrives, dans l’Ariège.

Une semaine après leur entrée, l’initiateur et chef du projet, Christophe Clot, a envoyé un message vocal pour témoigner.
Il en ressort que toute l’équipe est complètement déphasée. Chacun vivant par cycle (un cycle équivaut pour eux à une période de veille + une période de sommeil). Christophe Clot nous raconte qu’il en est à son 9ème cycle mais certains en sont à leur 7ème quand d’autres en sont à leur 10ème cycle. Dans tous les cas, il y a toujours au moins une personne de réveillée dans la grotte.

Personne n’a vraiment le même timing biologique et mental !!!

L’on peut déjà en conclure, comme vu précédemment, que la lumière du jour est essentielle pour que notre rythme circadien soit correct. D’ailleurs, le chef de projet ne sait pas exactement, au final depuis combien de temps il est dans la grotte, contrairement à l’équipe en surface qui surveille que tout se passe bien mais qui leur tait cet élément… Ils sont complètement hors du temps, et ils y resteront 40 jours si tout va bien.

Objectif ? Étudier les capacités d’adaptation de l’être humain à la perte de repères spatio-temporels, une question soulevée notamment avec la crise sanitaire, explique Christian Clot, le chef de mission. « Dans un contexte extrême, avec un nouveau mode de vie, nous ne savions visiblement pas bien, en tant que groupe, comment répondre aux impacts provoqués par ces changements »

Passons aux rêves…

Si les rêves peuvent avoir un caractère complètement irrationnel qui ne nous perturbe en rien durant notre sommeil… Le cerveau faisant abstraction de « comment l’éléphant rose que je chevauche vole ?!? », on peut clairement observer que notre côté logique n’est plus de la partie.
Nos rêves sont pour la plupart toujours déroutants. Ils nous précipitent dans des situations invraisemblables, mêlant des personnes familières avec de parfaits inconnus, bousculant les repères de temps et d’espace. Toutefois, ils se nourrissent du contexte de notre époque, comme en témoignent les nombreux récits aujourd’hui partagés sur Internet – quand la génération précédente consignait les siens dans un cahier secrètement glissé sous le lit.  

Mais pourquoi certains se souviennent de leurs rêves et d’autres pas ?

Si je vous disais que je me souviens quasiment tous les jours d’au moins l’un de mes rêves et que cela m’a déjà donné des idées pour l’un de mes livres en cours !
Ou que, par exemple, Paul Mac Cartney lui-même a dit avoir tout d’abord rêvé de la mélodie Yesterday avant de la composer !

Il est dit aussi qu’Albert Einstein a jeté les bases de la théorie de la relativité alors qu’il rêvait.

Encore adolescent, il rêva qu’il descendait une montagne escarpée en luge. Allant de plus en plus vite, il approcha la vitesse de la lumière ce qui déforma l’apparence des étoiles (un peu comme dans Star Wars, lorsque les vaisseaux accélèrent).

Le souvenir de ce rêve persistant, Einstein eut l’intuition que quelque chose d’important se cachait derrière. Il étudia les mathématiques durant huit ans pour percer ce mystère.

Après des années de travail pour comprendre la théorie de la relativité générale, la solution lui est soudainement venue… dans un rêve !

Beaucoup d’autres inventions sont issues des rêves (à prendre avec des pincettes malgré tout) : Parmi elles, on peut citer:

– La machine à coudre ;
– L’intrigue de Frankenstein, de Mary Shelley ;
– La transmission chimique d’un électron, par Otto Loewi (prix Nobel de Chimie en 1936) ;
– La théorie de la structure des molécules et celles du Benzène, toutes deux découvertes par Friedrich Kekulé ;
– L’insuline ;
– L’idée de la saga Twilight ;
–  Et bien d’autres choses encore…

Toutes ces personnes qui ont tiré quelque chose de leurs rêves en s’en souvenant sont en réalité, selon les neurobiologistes, qualifiés de « grands rêveurs ».

En effet, ils seraient plus sensibles aux stimuli extérieurs, notamment auditifs, que les « petits rêveurs », avance une étude publiée en 2017 dans la revue « Frontiers in Human Neuroscience ».
Ces bruits ambiants provoqueraient des micro-réveils assez longs pendant leur sommeil pour leur permettre de garder en mémoire leurs rêves.
Quand le rêve est suivi d’un court réveil, cela « réactive son contenu, permettant à l’hippocampe  « réveillé » de le prendre en charge pour le maintenir en mémoire. Car une fois que le rêve est produit, il est généralement oublié sauf s’il est repris par l’hippocampe qui sert au stockage de l’information », explique le Pr Jaffard, neurobiologiste spécialiste de la mémoire.
Cette explication corrobore des travaux publiés au milieu des années 1970 selon lesquels le cerveau ne pourrait stocker aucune nouvelle information dans la mémoire à long terme pendant le sommeil.

Les personnes qui se souviennent de leurs rêves expérimenteraient donc plus de micro-réveils durant leur sommeil que celles qui n’en ont aucun souvenir.

Cette hypersensibilité aux stimuli extérieurs serait par ailleurs liée à l’activité intense d’une région du cerveau appelée « carrefour temporo-pariétal », une zone qui se trouve à la jonction entre le lobe temporal et le lobe pariétal. Une étude publiée en 2018 dans la revue « Frontiers in Psychology » indique que cette partie du cerveau est plus active chez les « grands rêveurs » que chez les « petits rêveurs ».

Pour ma part, je me félicite d’être une grande rêveuse, donc, car qui sait si demain je ne deviendrai pas un grand écrivain grâce à cela !

Et vous ? Comment rêvez-vous ?

Ici s’arrêtent les anecdotes sur l’article concernant le sommeil…
Je regrette de les avoir oubliées hier mais je trouvais intéressant de vous en faire part !

Sur ce, je vous souhaite une bonne fête de Pâques… Et dîtes-vous que ce soir, grâce à moi (ohlala j’ai le melon !), vous vous coucherez… moins cloche !

Mes Sources :

Site : Fondation Sommeil / Sciences et Vie / Wikipedia / Frontiers In Human Neuroscience
Vidéo : Futura Santé (vidéo témoignage de Christian Clot)

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