Bonjour à tous !
Tout d’abord et pour ceux qui me suivent régulièrement, il me faut m’excuser.
En effet, en ce moment je mène « beaucoup » de projets (bénévolat, peinture, écriture…) qui sont indubitablement freinés par une épilepsie omniprésente et qui ne me laisse pas beaucoup de temps.
En effet, il faut bien s’imaginer que 2 heures de concentration pour moi auront un effet systématiquement nocif sur mon cerveau et j’en viendrais alors à faire des crises à la pelle.
Mes projets doivent être menés, donc, très lentement et c’est pourquoi je mets du temps à écrire chaque nouvel article sur mon blog.

Bref.
Aujourd’hui, j’ai décidé, avec l’accord de l’intéressé, de vous livrer un poème que j’ai écrit pour mon meilleur ami.
Jean-Jacques a 30 ans, comme moi, et je l’ai rencontré à la Maison d’Enfants à Caractère Sanitaire (MECS) de Castelnouvel (31), centre qui accueillent de jeunes épileptiques sévères de 6 à 21 ans en moyenne.
Nous y avons tous les deux été internes en même temps même si Jean-Jacques était déjà là-bas depuis 4 ans quand je suis arrivée à l’âge de 19 ans.
Sachez que Jean-Jacques est la personne la plus battante que je connaisse. Il ne se plaint jamais, fait toujours face, a le don d’avoir une oreille attentive et donne des conseils toujours avec son cœur et en mettant en avant ses valeurs qu’il ne perd jamais de vue.
Bref, c’est un formidable ami, plein d’humour et une personne qui mérite qu’on la connaisse.
En 2012, Jean-Jacques, à cause de l’épilepsie a eu un accident…
Ce poème raconte en quelques lignes ce qu’il s’est passé et ce qu’il en est ressorti. Je reconnais que c’est court, mais parfois, il n’y a pas besoin d’en dire beaucoup pour comprendre les choses…
C’est aussi un hommage à la personnalité de Jean-Jacques.
Tout le monde n’aurait pas réagi comme lui -et je n’ai pas le droit de les blâmer pour cela-…
Mais je peux tout de même souligner la force et la volonté dont fait preuve chaque jour mon frère de coeur.
J’ai également eu besoin d’écrire ce poème pour vider mon esprit… Car c’est suite à cet accident que j’ai enfin compris ce qu’était la situation d’un aidant proche… Le devenant alors pour la première fois moi-même (car jusqu’à présent je n’avais toujours été « que »: « la malade »), je tiens aussi à rendre hommage à tous les aidants.
C’est quelque chose qu’on accepte ou pas mais c’est aussi quelque chose qui dépend de notre personnalité… Et même si j’ai pesté (et que je le fais encore parfois) contre tous ces gens qui ont lâché Jean-Jacques suite à son accident, je crois, au fond, que l’on ne peut pas les blâmer. Soit vous résistez, soit vous partez.
Comme dit Philippe Croizon « Le handicap ne devrait jamais être plus compliqué qu’un mouvement spontané de solidarité. » Le mot « spontané » a tout son sens et si vous vous « obligez » à rester, alors ce n’est pas sain, ni pour vous, ni pour la personne handicapée.
C’est ainsi et ça ne dépend pas forcément de l’amitié ou de l’amour que vous portiez à la personne auparavant.
Cependant, je conçois tout à fait qu’il est difficile pour le handicapé d’accepter le rejet, l’oubli, qu’il doit subir…
Alors comme dit aussi Croizon, n’oubliez jamais qu’« une personne handicapée est avant tout une personne ». Ni plus, ni moins.
Sachez que ce poème peut être « violent » si vous êtes sensible. Vous êtes tous prévenus.
Enfin, contrairement à tous mes autres articles ou poèmes, celui-ci ne comportera pas d’illustrations, par choix.
Dans un restaurant on est entrés.
J’étais au comptoir, pour commander.
Derrière moi tu te tenais…
Quand je t’ai entendu bafouiller,
Sans même me tourner, je t’ai attrapé.
Je te connais par coeur : pas besoin d’regarder.
Ma carte bancaire, j’l’ai fait valdinguer !
J’ai compris tout de suite, ce qu’il t’arrivait,
Pas besoin d’cogiter !
Au sol, ta chute, j’ai accompagné.
Tes belles lunettes je t’ai enlevé.
En PLS je t’ai placé.
Plus de 15 minutes je t’ai parlé.
Face à toi j’étais allongée.
Des doigts tendus se déployaient,
Vers toi, vers moi, les questions se posaient.
Je les ai d’un coup d’oeil envoyés balader :
« Arrêter d’regarder venez pas m’agacer ! »
J’ai vraiment espéré !
Je voulais pas annuler
Cette si belle journée !
Mais ton cerveau, en crise, a continué d’rester.
J’ai pesté, arrêté, et ma mère, appelé.
Alors chez toi, on t’a ramené…
L’épilepsie : putain de maladie !
Encore et toujours à régir ta vie !
Du Valium, ta maman t’a donné.
Puis dans les bras de Morphée
Tu es partie t’reposer…
Le lendemain, des amies tu es allé retrouver.
Tu as fait la fête, avec elles, tu as bien rigolé.
Et heureux tu as voulu les photographier.
A ce moment une crise est arrivée.
Non ! Pas encore une ? Maudite santé !
En arrière, tu as marché, puis trébuché.
Et par-dessus le parapet tu es tombé…
8 mètres plus bas, ton corps s’est écrasé.
Tétraplégique tu t’es retrouvé.
J’ai pleuré, j’ai prié, j’ai hurlé !
Je ne voulais pas faire face à cette réalité !
Toi, avec courage tu as accepté.
Avec persévérance tu as avancé.
Le tennis de table tu as continué.
Tu as su garder l’nord et créer tes projets.
Parce que voilà… JJ : Battant tu es né !
Mon frère de Cœur jamais je ne te lâcherais.
Je me tiendrais toujours à tes côtés !
Tu rouleras, je marcherais.
Ainsi la vie peut continuer.
L’épilepsie a gâché ton corps, ton Âme, elle, intacte est restée.
Garde courage, garde le sillage !
J’suis fière de toi !
… et de t’avoir près de moi !!!
Bravo les battants, toi Cécile comme ton ami Jean Jacques ! Bises
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Merci Claire ! Enfin c’était pas pour ME vanter, plutôt pour exprimer ce qu’il s’est passé et les réflexions que ça a amené… 😉😘
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