Aux Eclats

Salut Lecteur assidu !

Aujourd’hui, Plumenvol a voulu partir vers la légèreté… Mais s’est vite retrouvé rattrapé par la question que tout le monde se pose… Ou plutôt s’impose : « peut-on rire de TOUT ? »
Je vais vous laisser lire, apprécier (ou déprécier XD) le poème…
C’est ensuite que j’entamerai la partie « réflexion »…

Bonne Lecture !

Des fois c’est là, comme impromptu,
Ça t’vient comme ça, inattendu.

400 muscles sont stimulés
Et s’mettent en marche pour une pensée…
Face à une farce ou une idée,
Le corps montre une belle faculté !

Celle d’envoyer dans ton cerveau,
De l’endorphine tout à gogo !
Ça t’fait oublier tes manières,
Tu t’mets à jour, à découvert.

Parfois c’est aussi de la peine,
Quand tu sors ce bruit incongru…
Tu t’sens tout de suite plein de gêne,
Mécontent de cette déconv’nue !

Le pire quand tu te fends la poire,
C’est les moments inadaptés.
Le mieux c’est quand ton auditoire…
Se laisse charmer : « quelle léger’té ! »

Oui bien sûr tu l’auras compris,
C’est du Rire que je parle ici.
J’adore moi-même le reprendre,
Et voir sa mélodie s’répandre.

Tout à la fois grinçant, gloussant, Le vieux se prend pour un enfant.
Il se pratique pour tous les goûts.
Car même l’hautaine s’y ébroue !

Humour noir ou vraie parodie,
Burlesque, absurde ou raillerie,
Le rire arrive comme par magie,
Chacun choisissant son parti.

C’est totalement subjectif,
Pour parfois plusieurs objectifs…
Dans ton club de rigologie…
Ou pour calmer un vrai conflit.

Ainsi il m’a fallu du temps,
Pour apprécier sa liberté.
Le « Rire de Tout » c’est mon présent,
Le « Rire Parfois » c’est mon passé !

Je suis comme tout le monde bien sûr…
En ce moment le rire amer…
Comme à chaque fois dans les temps durs…
Le rire jaune est mon compère.

J’aurai digéré mes soucis,
Quand mon rire sera chaleureux.
J’aurai trouvé bonne énergie,
Quand mon rire n’aura rien d’soyeux.

Alors vous me verrez pouffer,
Passer mon temps à m’esclaffer,
Divertir, égayer, jouer…
Et glousser, bref, me dérider !

« Rire », voilà le plus beau des verbes.
Alors fais attention à lui.
Le Rire fera toute ta superbe.
N’oublie pas d’l’admettre dans ta Vie.

Le Rire s’engage à l’infini…
A chaque personne doit être acquit !

Réflexion

Ce poème sur le Rire m’est venu en réfléchissant à la fameuse question « Peut-on rire de tout ?« … C’était avant la mort du Professeur Samuel Paty… et après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.

Tout le monde -ou presque- connait la célèbre maxime de Pierre Desprosges « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui« .
Si je suis d’accord avec celle-ci, l’humour étant par nature subjectif, je rajouterais un point : cela dépend également comment l’on présente la chose.
Oh je sais, dans ce monde qui nous empêche de plus en plus une liberté d’expression que l’on nous promet acquise mais qui ne l’est pas tout en prônant pourtant une ouverture d’esprit grandissante, ça commence à faire beaucoup de règles !

Laissez-moi donc vous expliquer mon point de vue


Rire d’un handicapé, d’un homosexuel, faire une blague mysogine ou se moquer d’une religion… ne plaira pas à tout le monde.
Cela nous est démontré ne serait-ce -si je puis dire- « qu’avec » les attentats de Charlie Hebdo menés parce que le journal satirique s’est moqué du prophète Mahomet.

Il faut avoir du second, voire parfois du troisième degré avec certains humoristes, caricaturistes… ou même entre proches ! Parce que voilà. Tout le monde ne ressent pas les choses de la même manière, n’a pas la même sensibilité et je serais tentée d’aller bien au delà : la même « intelligence », la même réflexion face aux blagues.

Le rire est subjectif. C’est comme ça. Chacun son point de vue. J’estime que l’on se doit de le respecter. N’imposez pas à n’importe qui et n’importe comment, votre humour.

Personnellement, j’ai appris à développer mon second degré avec Jérémy Ferrari (ou Guillaume Bats).
Celui-ci ne se gêne pas pour dénoncer énormément de choses en mettant son costume de djihadiste, prêtre pédophile, mysogine, homophobe, raciste, violeur, politique, exploiteur d’handicapé etc etc.

Guillaume Bats et Jérémy Ferrari, sketch « L’adoption pour les nuls » émission On Ne Demande qu’A en Rire (ONDAR)

Oui mais voilà. En mettant chacun de ces costumes, il arrive à faire rire des zéniths entiers.
L’on pourrait se demander pourquoi !
Je veux dire… moi qui suis handicapée, je ne supportais pas que l’on se moque de nous -quel que soit le handicap-… Alors comment a t-il réussi à me faire rire ?
Mais parce que ses mises en scène pointues, ses recherches avancées et son jeu d’acteur, caricaturent avec précision et ingéniosité les pires fléaux de notre temps. De plus, ce n’est jamais fait avec gratuité (ou vraiment TRES rarement) : c’est à dire qu’il ne fait pas une blague sans y avoir réfléchi avant et dénonce au travers de ses rôles, ce qu’il pense être mauvais.

Avouez que cela aurait pu jeter un grand froid, quand, lors de ses shows, il incarne un djihadiste… Surtout que Jérémy Ferrari, c’est l’humour noir, la satire… et qu’il faut réussir à dépasser la violence du propos vrai (que JE trouve vrai).
Cependant il a un bel atout dans sa manche : il ne cherchera pas à faire rire n’importe comment.
En enfilant son costume, il met en lumière les problèmes, les travers, les contradictions, de notre société et l’on se sent souvent soit un peu bête (et ça nous fait réfléchir), soit en accord total. Dans tous les cas, le résultat sera le même au final : on rira !
Jamais oh grand jamais je n’aurai pensé m’esclaffer sur les attentats du Bataclan ! Pourtant, lui a réussi à me dérider les zygomatiques. Et je me suis… fendue la poire ! Ni plus. Ni moins.

Jeremy Ferrari incarnant un djihadiste dans « Vends deux pièces à Beyrouth »

Certains peuvent avoir des réticences avec ce genre d’humour. Parce qu’ils ne rient qu’aux blagues de premier degré ou qu’ils sont trop profondément touchés par le sujet qu’il aborde. Ce peut-être aussi la façon dont on leur présente les choses…
On peut les comprendre et dans ces cas là, je pense qu’il faut les respecter… Mais il faut qu’eux aussi nous respectent.
Qu’ils n’aillent pas voir le spectacle mais qu’ils nous laissent y aller.
Le rire est beaucoup trop subjectif pour que la question « peut-on rire de tout » ait une réponse nette et précise.

Edouard Philippe et Agnès Buzyn essayant de retenir un fou-rire

Aussi, quand Arthur, systématiquement ou presque, balance dans sa célèbre émission Vendredi Tout Est Permis : « tu danses comme un épileptique » lorsque l’un de ses invités danse mal… ça m’agace. Pas au point de l’injurier. Mais ça m’agace. Parce que les épileptiques ont ce problème : ils sont atteints d’une maladie encore tabou, pleine de préjugés et d’a priori… Et j’estime que l’on n’a pas besoin que « Môssieur Arthur » ajoute sa pâte et nous enfonce un peu plus.
Mais j’ai su prendre du recul avec le temps… Car j’estime qu’il ne le dit pas méchamment ou avec des arrières pensées… Qu’il n’essaie pas de nous provoquer. Je pense qu’il parle juste de quelque chose qu’il ne connait pas et son inconscience me déplait mais n’est pas « sa faute ».

Arthur

En revanche, j’ai du mal, beaucoup de mal même avec les Unes de Charlie Hebdo… Personnellement, je trouve qu’ils font souvent ça de manière gratuite, pour provoquer un peu plus et si je respecte la liberté d’expression, je me demande quels messages ils veulent faire passer parfois…
C’est mon avis.

Une de Charlie Hebdo suite au séisme en Italie…
Une qui ne me fait pas rire et que je trouve « gratuite »


Tout comme je ne suis pas morte de rire en entendant Laura Laune… ou Jean-Marie Bigard, qui, je trouve, sont trop vulgaires… pour pas grand chose. Encore une fois, c’est mon avis. Donc c’est subjectif et je ne blâmerais pas quelqu’un qui veut aller les voir en spectacle. Chacun ses goûts.

… C’est là que je veux en venir : si l’on prend mon exemple, j’arrive à développer mon second degré avec l’humour de Jérémy Ferrari… Mais pas forcément avec d’autres, où, là, je n’arrive pas à être réceptive.

C’est ma sensibilité propre, mes goûts. C’est subjectif.

Le Respect devrait être à la base du Rire. Respectez les autres et ils respecteront vos goûts. Du moins c’est ce que j’espère…
Je pense donc et à mon plus humble avis, que l’on peut rire de tout.
Mais ça dépend de notre vécu personnel, de notre nature -même si elle peut toujours évoluer (tout comme nos goûts)- et de celui qui fera la blague, le sketch, la caricature : comment et pourquoi le fait-il ? Est-ce pure gratuité et dans ce cas là j’estime que ça devient malsain car aucun travail de réflexion n’est fait en amont ou est-ce que c’est réfléchi ?

En bref, « Peut-on rire de tout ? » aura une réponse différente pour chacun et pourra changer avec le temps. « Peut-on rire de tout ? » n’est pas une question intéressante.
En revanche, « Doit-on rire de tout, n’importe quand et n’importe comment ?« … est peut-être une question plus précise que chacun en son âme et conscience devrait sans doute se poser et ensuite, assumer en personne responsable, le choix de sa réponse.

J’assume mes rires face aux sketchs de Jérémy Ferrari, je ne ris pas aux blagues de Laura Laune, je ne suis pas « pour » la plupart des Unes de Charlie Hebdo. C’est comme ça, c’est moi et totalement subjectif. Par contre, je n’irai pas tuer, massacrer, insulter quelqu’un qui n’a pas le même humour.

Louis de Funès et Bourvil dans le film « Le Corniaud »

Pour en revenir à mon poème, je tenais à faire passer un message que je trouve hautement important : j’aime rire, j’aime me fendre la poire, me faire les abdos.
Le Rire est vital et je considère que ce n’est pas l’Espoir qui fait vivre mais le Rire.

Rire est une réaction qui survient dans des situations aussi diverses que variées.
Parfois l’on rit franchement, avec pur bonheur.
Parfois l’on rit pour se vider les nerfs, alors que l’on est profondément triste ou dans une situation difficile.
… Je suis persuadée que c’est lorsqu’on ne rit plus que l’on doit s’inquiéter.

Alors, en ces temps pénibles, lourds et stressants, je vous souhaite de rire… que ce soit dans l’absurde, le burlesque, le noir, la satire, l’ironie, le calembour Carambar… Bref, selon vos goûts.


Faites-vous plaisir. Riez et lâchez-vous… tant que vous ne le faîtes pas subir aux autres ! C’est dit ! 🥳

2 réflexions sur “Aux Eclats

  1. Claire Chambon-Thomas dit :
    Avatar de Claire Chambon

    Bravo Cécile pour ton joli poème et tes réflexions toujours bien senties sur le Rire !
    Moi qui suit mariée avec un homme pour qui « une journée sans rire est une journée perdue », je ne peux qu’être d’accord avec toi, au moins sur ce point ! Après çà, le second degré, il y a des jours où je le comprends et d’autres où je ne le capte pas du tout… tout dépend de mon humeur du jour ! Je t’embrasse affectueusement. Merci Cécile !

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