L’Acceptation

De nos jours, on parle très souvent de l’ « acceptation ».
On en parle dans le fait de s’accepter physiquement, de s’accepter en tant que personne… et on en parle aussi lorsqu’on vit une épreuve, des difficultés.
Mais qu’est-ce que l’acceptation ?
Selon le Larousse, l’acceptation a trois sens :

«  –     Action d’accepter, de recevoir, d’agréer quelque chose ; consentement, accord ;
    –    Action d’accepter l’adversité ; soumission, résignation ;
Supporter d’être ce qu’on est avec ses défauts et ses qualités. »

Dans le troisième cas, il s’agit donc de s’accepter soi-même et non d’accepter quelque chose d’extérieur.

C’est cette troisième définition sur laquelle nous allons nous pencher.

S’accepter dépend de l’estime de soi. C’est tout un ensemble :

  • « Ce que je pense de moi » ;
  • « Comment je me sens avec ces pensées » ;
  • « Ce que je fais de ma vie avec tout ça ».

Cette conception renvoie au regard que nous portons sur nous-même, mais également sur les répercussions de cette appréciation sur nos attitudes, nos réactions, au quotidien.

S’Accepter Physiquement

« Prendre soin de son corps, c’est donner envie à son âme d’y rester »

Beaucoup de gens, le matin quand ils se regardent dans le miroir, pour se coiffer, se maquiller, se raser, font la grimace. On se trouve moche. On jette un œil critique à notre reflet, bien souvent de manière négative. Nos complexes ressortent vite. Il faut dire que notre époque n’aide pas.
Le « physiquement correct » comme je l’appelle (en miroir au « politiquement correct », vous l’aurez compris) est présent partout, tout le temps. Dans les films, à la télévision, dans les magazines, dans les magasins… La mode est omniprésente et ne concerne pas que les vêtements mais aussi le corps lui-même. Allez dans un magasin : si vous avez une taille dite « mannequin » vous trouverez facilement à vous habiller. Mais si vous être « trop » gros, « trop » grand ou « trop » petit, suivant les règles de notre époque, vous aurez beaucoup plus de mal.

Le jugement est partout. C’est pénible et ça n’aide pas à s’apprécier. Notre estime de nous-même, ne serait-ce que physiquement est souvent piétinée. S’obséder de son apparence, c’est sacrifier son élan de vie. La mode dans tous ses aspects n’est que la dictature d’une société de consommation.
Voici donc quelques conseils à mettre en œuvre.
Je précise que personnellement je n’ai quasiment pas d’estime ni de confiance en moi.
Je suis donc consciente que c’est très facile de donner des conseils… et que c’est beaucoup plus dur de les mettre en pratique !

  • Mettre ce que l’on aime et non ce que la mode nous dicte.
    Dans ma garde-robe, j’ai par exemple un jean patte d’éph’. Ce n’est plus du tout la mode ! Mais je l’aime et je le mets régulièrement. Ça me rend plus heureuse que de suivre les « tendances » du moment, inconfortables parfois à mon goût. Je ne me maquille quasiment jamais. Si vous aimez ça faites-le mais si vous vous sentez obligées de le faire parce que vous avez un bouton qui vous gêne, essayez de faire fi, de vous sentir libre ;
  • Accepter les compliments.
    Quand on n’a pas confiance en soi, il est très difficile de le faire, je le sais. Mais entraînez-vous ! Quand on vous fait un compliment, sachez remercier… sans renier. Gardez-les dans un coin de votre tête, mine de rien : ça fait du bien !
  • Etre bienveillant.
    Il est facile de se critiquer… mais il est aussi facile de critiquer les autres. Il existe un exercice simple pour changer cela, c’est de se montrer positif dans le regard que l’on porte aux autres. Trouver de jolis détails, des traits que vous aimez… C’est un peu laborieux parfois de ne pas critiquer mais si vous arrivez à être bienveillant envers les autres, vous aurez également l’impression qu’ils le sont pour vous. Le regard des autres est dur à tenir. Changez votre regard et les regards changeront ;
  • Ressentir son corps.
    Mon dernier conseil me vient d’un exercice de sophrologie.
    Il est simple et très agréable à pratiquer. Le corps est un outil merveilleux. On ne réalise pas assez les chances que l’on a et tout ce que la vie a fait pour que ça marche.
    Aussi, une fois par semaine je vous conseillerais de faire attention à vos sens.
    C’est simple. Commencez par l’un des 5 sens… Disons la vue.
    Pendant plusieurs minutes, concentrez-vous sur votre vision. Uniquement sur elle. Sur ce que vous voyez : les couleurs, le paysage, les objets, la profondeur, les dimensions… N’est-ce pas merveilleux de se rendre compte que l’on voit ? C’est assez magique et ça rappelle la chance que l’on a quand on voit bien.
    Faites pareil avec chacun des autres sens : le toucher, l’ouïe, le goût, l’odorat.
    C’est détendant et vous penserez de manière positive à votre corps, ce merveilleux outil qui vous fait vivre des choses que vous ne remarquez même plus.

S’accepter en tant que personne

« L’acceptation de soi est parfois difficile mais nécessaire au bonheur »
Marie-Laure Cuzacq

Être bien dans sa peau, c’est aussi cultiver notre bien être moral.
Il n’est pas rare que nous pensions plus à nos défauts qu’à nos qualités.
Aussi, il faut apprendre à accepter ces dernières et à tirer le bienfait de nos réussites, de nos amitiés, de nos amours, de nos projets bref, de nous-mêmes.
Pour ma part, j’essaie de me le rappeler régulièrement. Je tiens un listing sur Word.
Dès que je considère avoir fait quelque chose de bien, même quelque chose que je trouve habituellement insignifiant, je l’y note. Non pas pour me vanter mais pour me rappeler que oui, j’ai des qualités.
Pour être concrète, voici quelques-unes des notes que j’ai prises :

  • J’ai terminé 3 « Geek Girl » tout en anglais et sans aide ;
  • J’ai réussi à caser toutes mes tirelires pour l’opération-tirelire FFRE ;
  • Je suis allée voir Ben et Arnaud Tsamère avec Papa ;
  • Je tiens mon engagement vis-à-vis de l’anglais avec Babbel ;
  • J’arrive à accepter le stimulateur moralement parlant ;
  • J’ai fait un parcours d’accrobranche niveau noir avec Papa ;
  • J’ai réalisé un rêve en faisant un saut en parapente…

Vous voyez ? La plupart de ces réussites sont assez simples. Pour moi, ce sont des points que j’ai réussi à faire. Ce sont « mes défis réussis ». Quand je n’ai pas le moral, je vais sur mon dossier et je les lis tous. Ça fait du bien. Il n’y a pas besoin d’avoir de grandes réussites pour se sentir fière. L’accumulation de petits combats quotidiens gagnés est très valorisante.

S’il faut tenir compte de ses qualités, il faut aussi tenir compte de ses défauts.
Souvent, comme je le disais… on en tient un peu trop compte, au risque de se dévaloriser violemment et de souffrir.

Je suis râleuse, trop timide, ironiquement très bavarde aussi, parfois trop solitaire, jamais sûre de moi, trop stressée… Je peux continuer longtemps !
Tous nos défauts font partie de nous. Il faut accepter de ne pas être parfait.

Pour y arriver, il faut savoir s’écouter.

Je me dis très souvent que je suis conne, nulle, moche…
Dans ces cas-là, il faut savoir acquérir une autocritique constructive. Quand on pense ce genre de chose, posons-nous plutôt la question « est-ce que ce que la critique que je me fais est constructive ? Est-ce qu’elle me servira à avancer, à changer, à assumer, à m’améliorer ? ». Une fois cette question posée, continuer sur le même chemin : « Et si je dois réellement m’améliorer, quels sont les moyens, les pistes, que je peux exploiter pour faire mieux? » Le principe n’est pas de rester sur une défaite mais de grimper les échelons. Evidemment, il est important de se donner des objectifs réalistes !
Si ceux-ci ne sont pas pragmatiques, pas accessibles, vous vous dévaloriserez encore plus… car vous n’aurez pas réussi.

Est-ce que l’acceptation est toujours une bonne chose ?!?

« Accepte ce que tu ne peux changer, change ce que tu ne peux accepter »

Accepter les contraintes et y faire face…
« Accepter les contraintes » ?!?

Pour ma part, ma plus grande contrainte, c’est ma maladie.
Est-ce que j’ai appris à accepter mon épilepsie ?

Hmmm qu’est-ce que l’acceptation déjà ? Reprenons le dictionnaire.

Selon celui-ci et dans ce cas précis, « c’est l’action d’accepter l’adversité. Une attitude passive faite d’acceptation »…

Dans ce cas-là, je ne suis pas dans l’acceptation. Ou du moins pas totalement : je me suis résolue à regarder l’évidence en face : je suis épileptique. Je sais que je ne peux rien faire contre. Qu’il faut apprendre à vivre avec. Je ne me fais plus une montagne et un stress de ne pas travailler, j’accepte ma fatigue, je l’apprivoise et je vis en conséquence
… Mais je me sens très souvent fatiguée d’être fatiguée et j’enrage quand une épilepsie trop forte me fait annuler au dernier moment un témoignage auquel je devais participer ou un bon moment que je devais passer. J’en pleure même. Cette maladie qui me fait souffrir et qui m’empêche de vivre, je ne peux pas l’accepter.

Je ne me sens pas dans l’acceptation passive : quand je sens une crise, je fais de la sophrologie, pour essayer de la repousser, de la faire taire.

Je ne peux pas travailler en tant que salariée mais je suis devenue bénévole et travaille sur des projets… Projets sur l’épilepsie. Je dis toujours que je ne peux lutter contre mon épilepsie mais que cette activité me permet tout de même de me battre contre elle, de lui donner un bon coup de pied au cul (oh !)…

Alors dans ce cas, puisque je ne suis pas passive, je ne suis pas dans l’acceptation. Ok.

Et en même temps, est-ce bien d’avoir une attitude totalement passive ?
J’accepte l’adversité mais je n’accepte pas la passivité.

Alors voilà, que penser ?

L’acceptation je trouve, peut être un mot ridicule ! Nous devrions être prêt à quoi ?
A ne pas réagir quand une maladie, une personne, annule nos projets ?  
A ne pas réagir quand elle nous torture ?
A rester passif ?!? Non !!!

Trop d’acceptation tue l’acceptation. Apprendre à gérer, apprendre à rebondir, apprendre à se remettre, apprendre à oublier, apprendre à méditer… Voilà ce qu’il faut.

Prendre une totale attitude passive face à l’adversité… C’est tellement ridicule.
Gérer, rebondir. Voilà mes mots. Courage à vous.
Mon combat à moi n’est pas terminé. Mon combat continue, le(s) votre(s) aussi.

6 réflexions sur “L’Acceptation

  1. Claire Chambon-Thomas dit :
    Avatar de Claire Chambon

    Merci pour ce nouvel article Cécile ! C’est vrai que je fais souvent la grimace en me regardant dans la glace, trouvant toujours quelque chose de travers… surtout le matin au lever quand je ne suis pas encore vraiment réveillée ! Accepter des évènements désagréables ou même plus que çà, ce n’est pas du tout évident… moi dans ce cas là, je « tourne en boucle » et ai bien du mal à penser à autre chose… heureusement j’ai pas mal d’activités qui m’obligent à penser à autre chose… J’ai commencé cette année le « pilate », un sport que je ne connaissais pas et qui m’oblige à me concentrer sur mon corps, ma respiration, mes muscles internes, ceux qui sont là sans que nous en soyons vraiment conscients d’habitude. Merci Cécile de nous faire réfléchir au comment s’accepter et comment vivre toutes les contrariétés qui ne manquent pas de jalonner nos vies .
    Bises

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    • Cécile Queyroi dit :
      Avatar de Cécile Queyroi

      Merci de ton commentaire Claire, il prpuve bien qu’il y a maintes façons d’arriver à mieux s’accepter comme le sport qui nous fait redécouvrir le plaisir d’avoir des muscles, des poumons, un corps qui bouge…

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  2. Marion Geyres dit :
    Avatar de Marion Geyres

    Un très bon article comme d’habitude !! 😉 Une vraie championne d’écriture ! Sujet très intéressant qui soulève maints facteurs… Fuyez les jugements néfastes et n’oubliez pas que chaque personne que vous rencontrez a une bataille dont vous n’avez aucune idée. Alors restons dans la bienveillance, tout comme Cécile ! Merci

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  3. meryem31 dit :
    Avatar de meryem31

    Coucou Cécile
    Un super article tu as vraiment un beau talent d’écriture.
    Je trouve le sujet pertinent et qui amène a réflexion. La vie n’est pas toujours un fleuve tranquille mais grâce a toi on réalise que la vie est belle quand même 😄😘😘

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